(image : lfm.ch)
Monsieur Mélenchon,
Malgré vos énièmes adieux, je perçois encore une amertume profonde suite à votre défaite lors de la dernière présidentielle, conjuguée à un revers lors des législatives qui suivaient, bien que votre prouesse de réunir la quasi-totalité de la gauche fut spectaculaire. Comme beaucoup de Français, je vous trouve intelligent et grand orateur. Mais cela n’est pas une excuse pour tout vous laisser passer, et surtout lorsque votre verbe se transforme en venin comme c’est le cas depuis plusieurs années.
Le 8 mai 2023, jour de rédaction de cette lettre, je vous observe vociférer à Marseille dans une vidéo où vous déclarez sans gêne, à propos du couronnement de Charles III : « tandis que dégoulinent à la télévision les sirops dégoûtants de la monarchie […] tant de monde vit dans la misère ».
Naturellement, je ne vais pas être très original en rappelant votre patrimoine conséquent de 1.4 millions d’euros (source). Et le pire, c’est que votre aisance financière ne résulte d’aucune création d’emploi, de richesse ou d’avancée pour notre pays. Vous expliquez que « devant un peuple qui a été si humilié par les politiques néolibérales, ce cinéma avec cet homme couvert de déguisement, de bijoux et de pierres précieuses, a quelque chose d’écœurant ». Pourtant, ce qui m’écoeure, moi, c’est de voir un bourgeois engoncé dans une veste de travail portée uniquement en meeting, enrichi par la République, oser se pavaner de manière vulgaire avec des propos dignes des despotes que vous admirez et que vous imitez au sein de votre formation politique. Même vos militants, pourtant hypnotisés par votre aura, semblent ne plus avoir envie de vous voir ni de vous entendre pour certains.
Ce qui a détruit l’Europe ces dernières décennies n’est pas le libéralisme, dont on pourrait discuter le sens, mais les gouvernements socialisants que vous chérissez tant et qui n’ont eu qu’une seule obsession : vider l’économie des personnes riches, alors que votre mission en tant que parlementaire était de faire en sorte qu’il y ait moins de pauvres. Chose que, là encore, vous avez ratée malgré vos airs staliniens.
Outre l’aspect ingérant de votre déclaration contre un pays ami, vous vomissez sur ce qui fait la fierté de nombreux pays. Oui, la monarchie – tout comme la République – n’a pas été parfaite dans l’histoire, mais n’est-ce pas le résistant et regretté Marc Bloch qui écrivait que « L’histoire est la science des hommes dans le temps » ? Et puis, puisque vous vous targuez d’avoir un programme complet, quel modèle paradisiaque proposez-vous, en échange, vous qui vous revendiquez intellectuel ? La dictature du « prolétariat » qui fait des millions de morts ? Je sais que vous appelez à la sédition ces derniers temps, donc on en serait plus à cela près, pas vrai Jean-Luc Mélenchon ?
Le Royaume-Uni, Monsieur l’insoumis, a été très largement en avance sur la France dans le domaine des libertés individuelles et de la démocratie. Par conséquent, du moment qu’un monarque, tout comme n’importe quel autre chef d’Etat préserve les libertés fondamentales que vos idoles ont massacrées, alors il est respectable. Et si le Royaume-Uni s’honore de perpétuer une tradition, cela relève de son choix, et non du vôtre. Occupez-vous plutôt de votre mise à la retraite et pensez également à la thérapie que je vous conseille afin d’identifier ce qui engendre votre soif de haine contre les monarques, les femmes voilées que vous moquez, ou les industriels que vous qualifiez de « parasites« . Je parie que cela vous fera le plus grand bien, mais serez-vous seulement capable de vous remettre en question ?
Les « bijoux et pierres précieuses » que vous dénigrez, vous qui êtes visiblement si attaché à la laideur, ne sont pas des propriétés de Charles III ni d’aucun autre monarque, mais de la Couronne, elle-même bien du peuple britannique et du Commonwealth. En tant que millionnaire aigri qui vit apparemment mal le luxe de sa vie, vous ne pouvez comprendre que le peuple, dont je fais partie, s’honore lorsque le seul bien qu’il ait – son pays – donne une image de prestance et de grandeur. J’aime la France quand elle est belle, quand elle est grande, quand elle en impose. Vous aimez la France quand elle est rabougrie, jalouse, envieuse et ridicule comme vous l’êtes. Chacun ses préférences, mais pour la prochaine fois, tâchez de les garder pour vous sur ce sujet. Cela vous élèvera peut-être suffisamment pour que vous songiez à acquérir la sagesse que votre âge aurait déjà dû vous procurer. De plus, cela vous permettra de ne plus affirmer que votre personne est « sacrée » et d’insulter les institutions qui elles, le sont réellement pour le coup.
« Pour critiquer les gens il faut les connaître, et pour les connaître, il faut les aimer » (Coluche).






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