
Quelle déception !
Comment peut-on voir des pseudo-libéraux mener bataille contre le 1er mai férié dans le contexte actuel, au point de devenir leur propre caricature ? Les mêmes qui se sont lamentés pendant tant d’années d’être vus comme les affreux de la politique semblent aujourd’hui prêts à endosser le rôle avec une facilité déconcertante.
Nous savons très bien que la remise en cause du 1er mai férié, que l’on soit pour ou contre sur le principe, intervient dans un contexte où l’État n’est clairement plus en mesure de se financer. Il cherche donc toutes les parades possibles afin de « gratter » les fonds de tiroir. Certes, nous pourrions réfléchir à l’intérêt de certains jours fériés dans les prochaines décennies, mais être favorable aujourd’hui à ce genre de réforme, ce n’est pas être libéral : c’est devenir complice de la folle politique économique que la France mène depuis des décennies. Pire encore : détourner les Français de la seule voie qui pourrait leur permettre de vivre dans un pays débarrassé du marasme économique.
En effet, le vrai problème n’est pas que les Français bénéficient d’un jour férié, mais que l’État a organisé, année après année, un modèle ruineux, étouffant, bureaucratique, fiscalement délirant, et qu’au lieu de s’attaquer aux causes profondes de cette faillite, certains préfèrent désormais s’en prendre à un symbole du travail.
Si j’étais parlementaire, je m’opposerais bien évidemment à cette suppression, précisément parce que les vraies réformes doivent passer avant ce genre de débat. Il faudrait d’abord avoir le courage de mener celles que nous réclamons depuis tant d’années : le salaire plein, ou quasi plein ; la baisse massive des impôts et des charges afin de redonner de l’oxygène à nos entreprises comme à nos ménages ; une concentration des aides sociales – ajustées au taux de chômage – sur les besoins réels tout en conservant un filet de sécurité ; la sortie de l’Union européenne, qui nous permettrait d’économiser une dizaine de milliards d’euros par an et de redonner de l’élan à nos exportations grâce à une monnaie nationale en adéquation avec notre économie.
Bref, une feuille de route cohérente, courageuse, attendue depuis longtemps. À choisir entre cette trajectoire profitable à tous et la suppression du 1er mai férié profitable d’abord à l’Etat, mon choix est vite fait.
Il ne faut pas croire qu’un modèle libéral est forcément dogmatique, voir purement mathématique. Une société n’est pas un tableur Excel. Les rois eux-mêmes, peu suspects d’être des marxistes révolutionnaires, offraient au peuple certains avantages qui, lorsqu’ils ne sont pas abusifs, permettent de conserver une forme de dignité nationale, d’attachement à sa culture et même de fierté dans le travail. Appliquer un modèle froid à un peuple latin n’a jamais fait de miracle. On ne gouverne pas durablement un pays en méprisant ses symboles, ses habitudes et ses respirations collectives. Le modèle libéral est compatible avec cette culture.
Oui, lorsque l’État gère bien ses finances, il peut se permettre certains privilèges, et les jours fériés en font partie. Tout comme un ménage qui économise toute l’année — ou du moins gère convenablement ses finances — peut se permettre de partir en vacances ou d’aller au restaurant de temps en temps. C’est humain, c’est nécessaire. Ce n’est pas de l’excès, ce n’est pas du socialisme révolutionnaire, ce n’est pas une trahison de l’esprit de responsabilité. C’est simplement adopter un niveau de maturité politique et qui sort du catéchisme d’un camp ou d’un autre. C’est justement offrir la part normale de souffle qu’un pays peut offrir à ceux qui travaillent, lorsque ce dernier est correctement administré.
Mais justement : la France n’est plus correctement administrée.
Pour reprendre cette image, nous sommes aujourd’hui comparables à un ménage qui vit à crédit, à découvert, totalement dépassé financièrement. Et au lieu de nous réunir pour trouver un plan sérieux, nous sommes en train de débattre pour savoir s’il ne faudrait pas supprimer le seul repas de famille du dimanche qui fait du bien à tout le monde, non parce qu’il ruinerait le foyer, mais parce que personne n’a le courage de s’attaquer aux crédits, aux abonnements inutiles, aux dépenses absurdes et au train de vie qui l’étouffent. Voilà le cœur du sujet que beaucoup oublient.
Supprimer le 1er mai férié ne serait pas une grande réforme. Ce serait une petite économie de bout de chandelle, habillée en courage politique. Ce serait encore demander un effort symbolique au peuple racketté légalement chaque jour pour des lubies et autres lâchetés politiques.
Je souhaite donc rappeler que la liberté économique ne consiste pas à presser toujours davantage les Français pour alimenter un modèle à bout de souffle, mais à leur rendre ce qui leur appartient déjà : leur salaire, leur temps, leur capacité à entreprendre, à transmettre, à vivre dignement du fruit de leur travail.
Et ceux qui se disent libéraux devraient être les premiers à le comprendre.
J’ai la crainte, hélas, que la droite au sens général ne se méprenne encore une fois en 2027. Elle fera la campagne sur d’éternelles banalités pendant que la France meurt de son étouffement économique, de la perte de ses valeurs, et surtout de l’absorption de sa souveraineté. Espérons qu’un réveil en sursaut permette la candidature des vrais sujets, ou pourquoi pas l’émergence de la royauté alliant tradition et modernité, posant enfin une base solide pour le débat démocratique.




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