Longtemps, le peuple français s’est battu pour que le catholicisme n’impose plus ses oukases dogmatiques à la société, et qu’il reste une spiritualité avant tout. Ce combat a été couronné de succès, pour le meilleur et parfois pour le pire. En effet, les plus cyniques y ont vu la délicieuse brèche pour franchir le rubicon de la conscience, se croyant autorisés à galéjer vulgairement jusqu’au point où cette branche du christianisme est devenue, depuis longtemps, le souffre-douleur des clones de Mélenchon, ainsi que de sa lamentable coterie. Ce sont les mêmes qui, décomplexés, prétendent aujourd’hui être de grands défenseurs de la deuxième religion de France, l’Islam, avec une obscénité qui n’a d’égal que leur terrible inculture. Où étaient-ils lorsqu’il s’agissait de se lever contre la traditionnelle christianophobie de leurs amis ? Ces « machos du bistro », comme les appelle le philosophe Nathan Devers, arrogants et ignobles, coutumiers de la division, ont cadenassé les Français musulmans dans une terrible nasse tenue par des franges crapuleuses qui ne demandaient pas meilleure exposition pour verser leur bile, se drapant dans des habits religieux, et disposant d’une rhétorique foireuse qui ferait glousser tout exégète sérieux.

Naturellement, ces savants du dimanche n’existent qu’en tenant des propos et en adoptant des attitudes totalement contraires aux fondements mêmes de l’Islam, tels que le bon comportement (ādāb en arabe), le respect de l’autre et la tolérance. Principes que nous n’entendons jamais, dans certains débats, de bonne foi ou de mauvaise foi, et où seuls des textes faux, lorsqu’ils ne sont pas sortis de leur contexte, sont pris en exemple. Car, sûrement comme vous, j’ai été longtemps abusé et dans la peur de l’Islam que je connaissais mal. Mais il suffit de travailler sérieusement le sujet pour s’apercevoir qu’il y a un fossé terrible entre l’Islam et l’intégrisme qui s’en revendique. Car l’Islam, comme le christianisme et d’autres religions, a aussi ses différentes branches, ses différentes écoles. D’ailleurs, n’est-ce pas les musulmans qui sont les premières victimes de ce que Hassan II appelait une « hérésie » ? Il ne faut pas non plus imaginer ad vitam eternam que nous évoquons exclusivement des immigrés ou des enfants d’immigrés. Il s’agit également de Français d’origine européenne, de plus en plus nombreux, et que quelques cyniques nés parfois en Égypte ou en Algérie veulent renvoyer je ne sais où, préparant une Reconquista d’opérette, préférant envoyer de jeunes individus manipulés plutôt que d’assumer leur propre lâcheté. De surcroît, un certain trublion nommé Jean-Marie Le Pen, tant récupéré ces derniers jours et ayant combattu aux côtés de Français musulmans, a déclaré qu’il n’était pas hostile au port du voile, et que, je cite : « Les cinq piliers de l’islam ne sont pas incompatibles avec l’appartenance à la communauté nationale française ». Chacun en tirera ses conclusions. En outre, il est impératif que la France ne cède rien à son tour, et que l’immigration soit fortement réduite, au moins temporairement, afin de prendre le temps de réparer notre société par une politique ambitieuse de réconciliation, et ce avant de pouvoir intégrer convenablement d’autres populations dans notre contrat social.

Quant aux catholiques, ils ne sont désormais plus représentés par des figures mythiques de la trempe d’un Guy Gilbert ou d’une Soeur Emmanuelle dont la foi n’avait d’égal que leurs bonnes oeuvres. Non, hélas, ils sont eux aussi pris en otage par des non moins hypocrites, là encore, qui se découvrent une spiritualité « identitaire », convaincus que c’est la seule façon de s’opposer à l’immigration de masse par un mélange des genres hideux. Ce catholicisme si souvent attaqué depuis longtemps par les « bouffeurs de curés » professionnels, et représenté hélas par un pape qui prend des positions politiques clairement marquées à gauche, est débordé, résistant mal à cet entrisme inopiné. Il faut donc rappeler et défendre l’apport positif du catholicisme sur différents domaines comme la recherche de justice et le respect de tout homme, et ne jamais le confondre avec un quelconque groupuscule racialiste.

Enfin, le judaïsme, dont le principe d’altérité a fait tant pour contribuer à élever notre magnifique pays en lui donnant des figures, des patriotes et des héros. D’ailleurs, je veux témoigner de ma grande affection envers celles et ceux d’entre eux qui, parfois depuis plusieurs générations, et contre vents et marées, n’ont jamais abandonné le combat pour la France et pour sa grandeur. Ils ne lâcheront rien, et je les aiderai de toutes mes forces dans ce grand chantier de refondation qui nous attend.

Par ailleurs, les Français juifs ne peuvent pas et ne doivent pas être confondus avec une puissance étrangère. Oui, ils seront toujours mes compatriotes et m’auront comme bouclier chaque fois qu’un obscurantisme voudra les atteindre injustement. Mais en aucun cas ces Français ne doivent servir de caution à un pays étranger, Israël, qui ne pourrait être exempté de toute critique politique alors que n’importe quelle autre nation en est naturellement l’objet. Par conséquent, je me réserve le droit de dénoncer, comme d’ailleurs beaucoup d’Israéliens et de Juifs dans le Monde, la folle politique menée depuis trop longtemps par Benyamin Netanyahou avec la complicité de son infâme ministre des Finances dont les propos abjects déshonorent le gouvernement en place. La force de mon propos réside dans ma détestation du deux poids et deux mesures, si malicieusement utilisé, là encore, par LFI, laquelle déshonore notre Assemblée Nationale. A l’heure où j’écris ces lignes, je profite de l’occasion pour exprimer mon soulagement en apprenant la libération d’otages, dont certains sont aussi Français, sans jamais oublier les terribles souffrances de Gaza la suppliciée, dont même Bernard Henri-Lévy, peu suspect de complaisance pour le Hamas, pleure les morts à en croire son dernier ouvrage. La France a le devoir de rester dans une position gaullienne d’équilibre, sans jamais transiger sur ses principes, et si possible, en aidant avec ardeur les survivants de cette tragédie chaque fois que nécessaire.

Du reste, il me paraît important de signaler que cet article, dans une volonté de déconstruction de la tyrannie ambiante qui consiste à dénigrer les croyants, n’oublie pas les Français qui ne se reconnaissent dans aucune religion, ou fidèles à une autre religion minoritaire, et qui doivent être respectés de la même manière. Mais j’en appelle au bon sens, notre pays étant dans une situation catastrophique, parlons de comment le reconstruire, de donner envie à toutes et tous d’y rester et de l’aimer, au lieu de nous diviser sur le port d’un voile, ou sur une quelconque pratique multiséculaire de cette nature, au risque d’entrer dans une surenchère qui pourrait avoir comme conséquence absolue la disparition de notre si beau pays.

Judaïsme

  • Lévitique 19:18
    « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Christianisme

  • Matthieu 5:9
    « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. »

Islam

  • Coran 41:34
    « La bonne action et la mauvaise ne se font pas face. Repousse le mal par ce qui est meilleur, et voilà que celui avec qui tu avais une inimitié devient, par la suite, comme un ami intime. »

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