
Que dire, sinon que Jean-Luc Mélenchon illustre à la perfection le dysfonctionnement constitutionnel que je dénonçais dans un article de janvier 2022 ? (source)
La défaite mélenchoniste, cruelle par son faible écart mais porteuse d’une espérance, insuffle l’idée que le fer doit être battu tant qu’il est encore chaud dans l’esprit des partisans « insoumis ». Et c’est ainsi qu’est née l’idée du « troisième tour » de l’élection présidentielle.
Outre les raisons que j’évoque plus en détail dans l’article cité ci-dessus, nous assistons à une mise en lumière évidente que ce système ne fonctionne pas. Et même si la « NUPES » échoue à l’emporter en juin prochain, ce qui semble très probable, elle aura eu le mérite de démontrer que l’élection présidentielle sous sa forme actuelle est purement une arnaque, et qu’elle n’est qu’un apéritif démocratique. Le président de la République se trouvant trop impuissant sur la politique intérieure en cas de cohabitation, ou en cas de majorité relative, ses promesses ne sauraient être tenues – alors qu’il viendrait d’être élu – et cela aboutirait à une crise démocratique grave dans un pays qui perd déjà confiance en ses représentants comme jamais (source).
Jean-Luc Mélenchon, dans son habileté politique incontestable, a choisi de personnaliser la campagne afin de mobiliser davantage et d’effacer la présidentielle. Une présidentielle en avril dernier ? Vraiment ? Chez la gauche, on a déjà oublié. Et aujourd’hui, à l’heure où j’écris ces lignes, nous ignorons qui sera le prochain Premier ministre or personne à part le leader de la France insoumise ne candidate clairement à ce poste. Tous les autres partis présentant juste leurs 500 candidats à travers les circonscriptions, sans ligne directrice claire et semant la confusion par rapport à la présidentielle où un visage unique incarne un programme, une candidature.
Alors comme le disait Mikhaïl Boulgakov : « Les faits sont la chose la plus obstinée du monde ». Et les faits, en l’espèce l’abstention énorme aux législatives ainsi que la campagne de la NUPES, démontrent que ce calendrier électoral est absurde, et qu’à moins de vouloir de nouvelles cohabitations improductives et affaiblissant la France, il paraît impératif de placer les élections législatives le même jour que les élections présidentielles et de donner une majorité au président dès son entrée en fonction, presque clés en mains. Cette solution remplacerait toute cette comédie où pendant un mois on ne sait pas très bien qui gouverne, ni à quoi a vraiment servi la présidentielle, bien que la démocratie ait déjà tranché clairement.





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